Le château de Vendôme

2000 ans d'histoire

L’origine du château de Vendôme se perd dans la nuit des temps. Depuis le XIXè siècle, plusieurs hypothèses ont été émises concernant l’apparition d’un site fortifié à l’emplacement du château. 

Certains auteurs, sans apporter de preuves archéologiques ou documentaires concrètes, posèrent l’hypothèse d’un site fortifié dès la préhistoire. D’autres imaginèrent l’existence d’un oppidum gaulois ou d’un campement romain à cet emplacement. 

587 PREMIÈRE PREUVE D'UN POINT FORTIFIÉ

La première preuve de l’existence d’un point fortifié à Vendôme se trouve dans le traité de d’Andelot rédigé en 587 par Grégoire de Tours.

Dans ce document, il est fait mention d’un château « cum castellis Duno ve Vindocino ». Là encore plusieurs hypothèses ont été émises quant à l’emplacement de cette fortification.  Certains auteurs pensent qu’elle se trouvait au bas du coteau sur une motte, avant d’être transférée sur l’emplacement actuel.  D’autres affirment qu’elle se trouvait dès l’origine en haut du coteau. Cet emplacement sur un éperon rocheux dominant la vallée du Loir est naturellement propice à la défense. De cette position, ses occupants contrôlaient la vallée qui reliait le pays chartrain à l’Anjou et la route de Paris à Tours.

1032 - GEOFFROY MARTEL ET AGNÈS DE BOURGOGNE, GRANDS CONSTRUCTEURS

Geoffroy Martel (1006-1060) fils de Foulques Nerra s’empare du comté en 1032 à l’occasion d’une querelle de succession. Selon une légende, c’est après avoir vu de son château trois étoiles filantes tomber dans une source qu’il prit la décision de fonder l’abbaye de la Trinité. 

 

Selon une autre légende, c’est sa femme Agnès de Bourgogne qui, fatiguée de devoir remonter au château après avoir entendu la messe, décide de la construction de la collégiale Saint-Georges dans l’enceinte du château vers 1037. Foulque l’Oison, mort en 1066, est le premier comte à se faire enterrer dans la collégiale

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976 - PREMIÈRE MENTION D'UN COMTE DE VENDÔME

On ne sait rien des premiers occupants de ce site fortifié. Le premier comte de Vendôme, connu pour être un certain Troandus, exerça son pouvoir au début du IXè siècle. Il faut attendre 976 pour que soit fait mention explicitement de l’existence du comte de Vendôme.

 

Par le jeu des alliances, le comté tombe autour de l’an mille sous la coupe du puissant comte d’Anjou Foulques Nerra. C’est peut-être lui qui fait construire au début du XIè siècle le donjon, qui se trouvait à l’emplacement de qu’allait devenir la capitainerie, à l’extrémité nord-ouest de l’éperon rocheux. Les vestiges de ce donjon sont encore visibles, mais pas accessibles au public.

Donjon primitif

Crédit : Territoires Vendômois

Foulques Nerra

Geoffroy Martel

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1206 - LE VENDÔMOIS DEVIENT UNE TERRE CAPÉTIENNE

 

Par la trêve du 26 octobre 1206 entre Philippe Auguste et Jean Sans Terre, le Vendômois devient une terre capétienne. Dès lors, les comtes de Vendôme deviennent de fidèles vassaux du roi de France. 

 

En 1227, lorsque la régente Blanche de Castille, accompagnée de son fils aîné, le futur saint-Louis, cherche un lieu où se réfugier pour échapper aux grands féodaux révoltés, c’est au château de Vendôme qu’elle vient résider.

 

Le Vendômois n’est pas épargné par la guerre de cent ans. Après cet épisode, le comte de Vendôme décide de renforcer à nouveau les fortifications du château aidé financièrement par le roi de France. Le mur d’enceinte et certaines tours furent rehaussés de plusieurs mètres. Les tours furent également dotées de mâchicoulis comme cela est encore visible sur le tour de Poitiers. 

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1150 - LES COMTES DE VENDÔME DÉVELOPPENT MASSIVEMENT LES FORTIFICATIONS DU CHÂTEAU 

Au XIè, XIIè et XIIIè siècle, les comtes de Vendôme ne résidaient pas toujours en leur château. Plusieurs d’entre eux se croisèrent et partirent en terre sainte. Le comte Geoffroy de Preuilly y trouve la mort vers 1102.  Pierre de Montoire, lui, meurt à Chypre en 1249 lors de la septième croisade. 

 

A partir du milieu du XIIè siècle, les comtes de Vendôme , se trouvent pris dans la confrontation entre les Plantagenêts et les Capétiens. Pour se prémunir de la menace que faisait peser les comtes de Blois et les rois de France sur Vendôme, ils développent les fortifications du château. Les comtes font notamment construire des tours le long de la partie sud de l’enceinte fortifiée, seulement défendue jusqu’alors par un talus surmonté d’un mur. En 1170, a lieu au château une entrevue entre le roi Louis VII et le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt.

1371 - LA MAISON DE BOURBON S'INSTALLE A VENDÔME

Après la mort de Jeanne, fille unique du comte Bouchard VII, en 1371, le comté passe à Jean de Bourbon qui avait épousé Catherine de Vendôme, soeur de Bouchard VII.

En 1415, le comte Louis 1er de Bourbon (1393-1446) est fait prisonnier à la bataille d’Azincourt. Durant la captivité du comte, un capitaine anglais, Robert de Willughby, lieutenant du duc de Bedford, est pourvu, le 20 septembre 1424, du comté de Vendôme. Cependant les Anglais ne possèdent pas encore le comté. En 1425 ou 1426, Etienne de Vignolles dit La Hire, futur compagnon de la Pucelle, est nommé gouverneur de la Ville. C’est sur lui que repose la défense du comté.  

Le château de Vendôme

Plan du château

au XIIè

Jean-Claude Pasquier

Le roi Philippe Auguste

Blason des Bourbon-Vendôme

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1458 - LE PROCÈS DU DUC D'ALENÇON

 

Vers le milieu du XVè siècle de nouveaux logis sont construits au château. Le 21 août 1458, le roi Charles VII arrive à Vendôme pour présider au jugement du duc Jean D’Alençon, accusé de haute trahison envers son suzerain. Le souverain réside environ deux mois au château. 

 

Le roi Louis XI paraît avoir séjourné au château de Vendôme durant l’année 1480 mais les circonstances de son séjour ne sont pas connues. 

 

En 1515 , François 1er érige le comté de Vendôme en duché-prairie

 

En 1535, le roi d’Ecosse Jacques V (1513-1542), vient à Vendôme pour demander en mariage Marie, fille cadette du duc Charles de Bourbon (1495-1537).

1598 - HENRI IV DONNE LE DUCHÉ DE VENDÔME À SON FILS CÉSAR DE VENDÔME

Le futur Henri IV, duc de Vendôme, ne fait que de brefs passages au château, notamment pour l’enterrement de sa mère le 1er ou 2 juillet 1572.

Après son avènement sur le trône de France, Henri IV, protestant, doit conquérir Vendôme passée sous la coupe du parti catholique, la Ligue. Le 19 novembre 1589, l’armée royale s’empare du château après avoir canoné ses murailles.

Henri IV donne en 1598, le duché de Vendôme à son fils César qu’il avait eu avec sa maîtresse Gabrielle d’Estrées. César de Vendôme est le dernier des ducs à s’intéresser au château. A partir de 1620, il fait édifier une rampe d’accès au château.  Il fait construire de nouveaux bâtiments au nord-est le long de l’enceinte.  César est le dernier duc à avoir résidé au château de Vendôme. 

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1540 - PASSAGE DE FRANÇOIS 1er AU CHÂTEAU 

 

François 1er , venant de Blois aurait été reçu au Château les 30 et 31 mars 1540 par le duc Antoine de Bourbon. Celui-ci épouse le 20 octobre 1548, Jeanne d’Albret fille d’Henri II, roi de Navarre et de Marguerite de France, soeur de François 1er.

Ils ont ensemble plusieurs enfants dont le futur roi de France Henri IV. 

 

En 1560, le roi François II et la reine Marie Stuart, partis de Paris, pour se rendre à Blois, font une halte à Vendôme. 

Le 23 janvier 1562, le roi Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, font également étape à Vendôme.

 

Jeanne d’Albret, calviniste convaincue, établit en 1559 un prêche protestant au pied du château et installe dans celui-ci une garnison de soldats huguenots Suisses er Gascons. Elle laisse, le 19 mai 1562, ses soldats mettre à sac la collégiale Saint-Georges du château, nécropole des comtes et des ducs de Vendôme. Ironie du sort, à sa mort elle est enterrée dans la collégiale auprès de son époux et de son premier fils.  

1790 - LE CHÂTEAU EST VENDU COMME BIEN NATIONAL

 

En 1712, Louis-Joseph, dit le Grand Vendôme meurt. Le roi Louis XIV profite de cet événement pour s’emparer du duché er le remettre à la Couronne. Dès lors, le château est laissé à l’abandon. Il est déjà en partie en ruine lorsqu’il est vendu à la Révolution comme bien national. Ses acquéreurs s’en servent comme d’une carrière de pierre et le détruise en grande partie. 

 

Au début de la Révolution, le duc de Chartres, le futur Louis-Philippe, en garnison à Vendôme, visite la crypte de la collégiale Saint-Georges où reposait une partie de ses ancêtres. Cela fait de lui le dernier souverain à être passé par le château de Vendôme.

Le château de Vendôme

BNF

Procès du duc d'Alençon

BNF

Le roi François 1er

Le duc César de Vendôme

Le roi Louis-Philippe

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Vue du château et de la ville

Nicolas Lefebvre

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez lire le livre de Jean-Claude Pasquier : Le château de Vendôme, une histoire douce amère, 2012, Editions du Cherche-Lune