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Jardinage

Cueillette urbaine : 27 750 kg récoltés en ville en 2022, comment ça marche vraiment ?

Clémence de Lestang 5 min de lecture
Cueillette urbaine : récolte de salades sur toiture végétalisée en ville

Publié par : — Rédactrice spécialisée en jardinage

La cueillette urbaine désigne à la fois une manière de produire de la nourriture au cœur des villes et le nom d’une entreprise qui s’y consacre depuis 2016. Face à la densification des villes et à la raréfaction des terres agricoles, l’idée est simple : cultiver là où vivent les consommateurs, sur des toitures, des sites d’entreprise ou des espaces délaissés. Voici ce que recouvre ce concept, les projets concrets qu’il permet et la façon de lancer le sien.

Cueillette urbaine et agriculture urbaine : de quoi parle-t-on ?

Une même famille, deux niveaux de lecture

L’agriculture urbaine, que l’on appelle aussi urban farming, regroupe toutes les formes de production alimentaire intégrées à la ville : potagers, fermes sur toit, cultures en bacs, jardins partagés. La cueillette urbaine, elle, renvoie à l’acte de récolter localement des produits frais, et c’est aussi le nom de l’entreprise Cueillette Urbaine, qui développe des fermes urbaines productives et collaboratives. Autrement dit, l’agriculture urbaine est le cadre général ; la cueillette urbaine en est la déclinaison la plus concrète pour le citadin.

Schéma d'une toiture cultivée illustrant la cueillette urbaine : substrat issu de déchets, cultures, biodiversité, gestion de l'eau et circuit court
Schéma d’une toiture cultivée illustrant la cueillette urbaine : substrat issu de déchets, cultures, biodiversité, gestion de l’eau et circuit court

Pourquoi produire en ville ?

Les villes se densifient, les surfaces agricoles se réduisent, et l’on cherche à produire localement sans artificialiser davantage les espaces naturels. Cultiver sur des surfaces déjà bâties répond à ce paradoxe. S’ajoute un enjeu moins visible : beaucoup de citadins ont perdu le lien avec l’origine de ce qu’ils mangent. Voir pousser une tomate ou une herbe aromatique à quelques mètres de son bureau change le rapport à l’alimentation.

Quels projets concrets en milieu urbain ?

Fermes urbaines productives et collaboratives

Une ferme urbaine est un espace de culture professionnel installé en ville, souvent en toiture ou sur une surface urbaine inutilisée. On y produit des fruits, des légumes, des herbes aromatiques et des fleurs comestibles. La distribution se fait localement, notamment par vélo cargo, ce qui évite les longs trajets en camion. Le terme « collaboratif » signifie que les habitants, salariés ou riverains peuvent participer à la vie de la ferme.

Potagers participatifs pour les entreprises

Les potagers participatifs s’adressent aux entreprises qui souhaitent offrir à leurs équipes un espace vivant sur leur site. Les collaborateurs plantent, entretiennent et récoltent, souvent accompagnés d’ateliers de jardinage ou de cuisine. Pour une organisation, c’est un outil de cohésion d’équipe autant qu’un geste de végétalisation.

Ateliers, formation et conseil

Autour de la production, l’offre s’étend à la formation et au conseil : étude de faisabilité, accompagnement, puis exploitation du site. Les collectivités, les entreprises et les porteurs de projet peuvent ainsi choisir le niveau d’implication qui leur convient, de la simple étude à la gestion complète.

Format Public principal Objectif
Ferme urbaine Collectivités, entreprises, habitants Produire localement et végétaliser
Potager participatif Entreprises et leurs équipes Créer du lien et sensibiliser
Ateliers et formations Salariés, citadins, scolaires Transmettre jardinage et cuisine
Étude, conseil, exploitation Porteurs de projet, collectivités Concevoir puis faire vivre le site

Les bénéfices mesurés : alimentation, climat, eau, biodiversité

Des chiffres d’impact pour l’année 2022

Pour 2022, Cueillette Urbaine fait état de 27 750 kg de fruits, légumes, herbes aromatiques et fleurs comestibles produits, de 65 490 kg de CO2 évités et d’un gain de fraîcheur de 0,75 degré. Ces résultats ont contribué à son classement dans le TOP 50 2022 de Carenews, consacré à l’entrepreneuriat à impact. Son activité se répartit en trois domaines d’importance comparable, chacun représentant environ un tiers : production alimentaire, activités sociales et services écosystémiques.

Ce que fait une toiture cultivée

Une toiture cultivée ne produit pas seulement des légumes. La végétation aide à limiter les îlots de chaleur urbains, retient l’eau de pluie et participe ainsi à une meilleure gestion des cycles de l’eau, avec moins de risques d’inondation ou de pénurie. Elle accueille aussi des insectes et contribue à restaurer la biodiversité en ville. Ce sont les services écosystémiques : des bénéfices rendus par le vivant, que le bâtiment seul ne fournit pas.

Déchets urbains, substrat et circuit court

Une partie des déchets de la ville est récupérée pour fabriquer le substrat, c’est-à-dire la terre de culture. La logique est circulaire : ce qui était un déchet devient le support de la production. Côté transport, la récolte à quelques kilomètres du consommateur réduit les distances parcourues par les denrées, donc les émissions associées.

Lire une ferme urbaine comme un organisme vivant

Un médecin prend le pouls pour juger d’un coup l’état général d’un corps. Un site de culture urbain se lit un peu de la même façon : ses signaux vitaux sont le rythme des récoltes selon les saisons, la présence d’insectes, la façon dont le substrat garde l’eau après une pluie, la fréquentation des ateliers. Un projet réussi n’est pas celui qui affiche le plus beau chiffre un jour donné, mais celui dont ces battements restent réguliers dans la durée. Pour un décideur, c’est un bon réflexe d’évaluation : au-delà des kilos produits, demander comment le site sera suivi, qui l’animera, et quels indicateurs seront relevés chaque saison.

Lancer un projet d’agriculture urbaine : par où commencer ?

Étude, accompagnement, exploitation

Le parcours se déroule en trois temps. L’étude évalue le site, ses contraintes et les usages souhaités. L’accompagnement permet de concevoir l’installation et d’associer les futurs participants. L’exploitation assure ensuite la culture, la récolte et l’animation au quotidien. Selon les besoins, une organisation peut s’arrêter à la première étape ou confier l’ensemble.

Qui peut être concerné ?

Les entreprises y voient un levier de qualité de vie au travail et de végétalisation. Les collectivités y trouvent un outil d’adaptation au climat et de lien entre habitants. Les porteurs de projet, eux, peuvent s’appuyer sur un acteur déjà présent dans une trentaine de villes en France, ainsi qu’au Portugal et au Luxembourg. Pour connaître les conditions précises, délais et budgets, le plus fiable reste de décrire son site et ses objectifs directement à l’équipe de Cueillette Urbaine, qui pourra cadrer une première étude.

Clémence de Lestang
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